Les Avancées Révolutionnaires en Fécondation In Vitro : Transformant l’Espoir en Réalité

Archive pour la catégorie "Général"

Les Avancées Révolutionnaires en Fécondation In Vitro : Transformant l’Espoir en Réalité

Publié le 12 juin, 2024 par Dr. Maher Ftouh

Dans cet article, nous allons explorer les avancées technologiques révolutionnaires qui ont transformé le domaine de la Fécondation In Vitro (FIV) au fil des années. Les progrès technologiques ont joué un rôle crucial dans l’amélioration des taux de réussite et dans la simplification du processus pour les couples en quête de conception assistée.

Une des avancées majeures est l’introduction de la technique de micro-injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI), qui a révolutionné le traitement de l’infertilité masculine en permettant une fécondation directe d’un ovule avec un seul spermatozoïde. Cette technique a considérablement augmenté les chances de succès pour de nombreux couples.

Par ailleurs, le développement des incubateurs de pointe avec des conditions optimales de culture a permis de créer un environnement idéal pour le développement embryonnaire. Ces incubateurs offrent un contrôle précis de la température, du pH et des niveaux d’oxygène, contribuant ainsi à améliorer la viabilité des embryons.

La technologie de la vitrification, qui consiste à congeler les embryons à des températures extrêmement basses, a également révolutionné la préservation de la fertilité. Cette méthode a considérablement amélioré les taux de survie des embryons après la décongélation, offrant aux couples une plus grande flexibilité dans le timing de leur traitement.

En outre, l’avènement du séquençage génétique préimplantatoire (PGS) et du diagnostic génétique préimplantatoire (PGD) a permis d’identifier les embryons présentant des anomalies chromosomiques ou génétiques avant leur implantation, augmentant ainsi les chances de succès et réduisant le risque de fausses couches.

Ces avancées technologiques en FIV ont ouvert de nouvelles perspectives et ont considérablement amélioré les résultats pour les couples confrontés à l’infertilité. Grâce à ces innovations continues, l’espoir et les possibilités offertes par la FIV continuent de croître, offrant aux couples une voie vers la parentalité tant désirée.

Tout ce que vous devez savoir sur la fécondation in vitro FIV ou ICSI

Publié le 11 juin, 2024 par Dr. Maher Ftouh

Découvrez les étapes clés de la fécondation in vitro (FIV). De la stimulation ovarienne à l’implantation embryonnaire, tout ce que vous devez savoir sur ce processus de procréation assistée PMA de la FIV à l’ICSI.

Vaccination Covid-19 et grossesse

Publié le 7 juin, 2021 par Dr. Maher Ftouh

Selon les recommandations de l’OMS et de la société tunisienne de gynécologie obstétrique STGO, il est recommandé de nos jours de vacciner les femmes enceintes au delà de 14 semaines soit à partir du 4eme mois de grossesses par un vaccin type ARN ( Pfizer- BioNTech) afin de protéger ces femmes contre les conséquences qui peuvent être graves tel que la prématurité, l’embolie pulmonaire, l’insuffisance respiratoire aigue voir le décès.

Les femmes enceintes peuvent recevoir le vaccin si les avantages de la vaccination chez elles l’emportent sur les éventuels risques du vaccin.

Le protocole de vaccination consiste en deux injections à un interval de un mois, en cas d’antécédent d’infection Covid un délai de 3 mois est d’habitue préconisé avant la vaccination et une seule dose sera reçue injectée.

Il est aussi recommandé de vacciner les femmes allaitantes .

Dépistage du cancer du col

Publié le 27 mars, 2019 par Dr. Maher Ftouh

Voici quelques conseils sur le dépistage du cancer du col enregistès lors de mon passage à la Radio IFM

La PMA à l’heure de la vitrification ovocytaire

Publié le 9 avril, 2015 par Dr. Maher Ftouh

A la mémoire de notre ami cardiologue Férid SIALA

 

La vitrification ovocytaire est une technique de congélation rapide qui consiste à plonger brutalement les cellules dans de l’azote liquide à -196 °C, avec des produits appelés cryoprotecteurs. Cela permet d’éviter la formation de cristaux de glace dans l’ovocyte (composé à plus de 90 % d’eau) qui pourraient le déformer et réduire sa capacité à former un embryon.

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Dans le cadre d’une fécondation in vitro classique nous retirons les ovocytes de la femme après une stimulation ovarienne puis le jour même ces derniers seront fécondés par les spermatozoïdes du conjoint.
Chez une de mes patiente et suite à une ponction ayant ramené 12 ovocytes nous avons été confrontés à une impossibilité de recueil de sperme  nous avons alors opté pour une vitrification des ovocytes.
Le cycle d’après cette patiente a été suivie par monitorage échographique puis en période féconde les ovocytes ont été décongelés puis fécondés par des spermatozoïdes frais, nous avons alors obtenu 2 embryons. Ces derniers on été replacés dans l’utérus et nous avons obtenu une grossesse unique. Il s’agit de la première grossesse Tunisienne après vitrification ovocytaire.

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Actuellement il est de pratique courante de congeler le sperme ou les embryons mais la vitrification ovocytaire peut être proposée comme une nouvelle alternative en cas d’impossibilité de recueil de sperme ou dans le cadre de la préservation la fertilité chez les femmes qui doivent subir un traitement oncologique vu que la chimiothérapie et la radiothérapie produisent des dommages irréversibles sur les ovules.
Cette réussite nous donne la confiance et le courage de continuer à progresser ensemble et espérons que les prochains cas aboutiront à des naissances vivantes. Cette réussite est le fruit des efforts conjoints de toute l’équipe du centre de procréation et en particulier aux compétences de nos pharmaciens biologistes Dr Chema Triki  et Dr Ben Aribia.
Je suis convaincu que d’ici quelques années la vitrification ovocytaire prendra le dessus sur la vitrification embryonnaire. Comme le dit bien Miguel Cervantès « où il y a de la vie, il y a de l’espoir » mais c’est encore plus beau de donner à ses patientes l’espoir de donner vie et puis d’assister à ce miracle par une naissance.

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Interview sur la grossesse

Publié le 28 novembre, 2014 par Dr. Maher Ftouh

Les étapes de la fécondation in Vitro

Publié le 18 mars, 2014 par Dr. Maher Ftouh

Le programme de traitement en fécondation in vitro requiert de nombreux rendez-vous qui préparent le couple à la technique. Le couple doit être informé au sujet des étapes complexes telles que l’injection de médicaments hormonaux, les risques et les effets secondaires, de même que les temps d’attente requis. Les traitements sont coûteux.

IVF

1. Stimulation des ovaires (superovulation)

La première étape consiste à administrer à la femme un traitement hormonal pour augmenter le nombre de follicules produits par les ovaires et contrôler parfaitement le moment de l’ovulation. La femme doit d’abord prendre un médicament hormonal, habituellement une gonadolibérine ou agoniste de la GnRH (Gonadotropin Releasing Hormone) afin de mettre les ovaires au repos (voir la section des médicaments). Puis, la femme s’injecte un autre médicament hormonal (la FSH, Follicule Stimulating Hormone) afin de stimuler les follicules pour les mener à maturation et leur permettre de produire plusieurs ovocytes. Lorsque les follicules ont assez grossi et que les niveaux d’hormones sont adéquats, l’ovulation est déclenchée par une injection d’hormone hCG (Human Chorionic Gonadotropin). L’échographie pelvienne par ultrasons et des prises de sang sont utilisées à chaque étape pour évaluer la croissance des follicules. Plus de follicules, plus d’ovules… Les ovaires de la femme produisent et libèrent habituellement un seul ovule par cycle. Bien que cela suffise pour une conception normale, la conception artificielle demande plus de possibilités. Il est donc nécessaire de stimuler l’activité ovarienne de la patiente. Les médicaments administrés lors d’un traitement en fécondation in vitro provoquent le développement de plusieurs follicules ovariens, augmentant ainsi le nombre possible d’ovules.

2. Prélèvement des ovocytes mûrs

Après 32 à 36 heures de stimulation hormonale, les ovocytes mûrs sont prélevés à l’aide d’un petit tube et d’une aiguille que l’on introduit dans le vagin. Cette intervention est réalisée sous anesthésie locale ou générale avec un contrôle échographique et peut être un peu douloureuse. Les ovocytes sont ensuite sélectionnés en laboratoire. Le sperme est prélevé quelques heures auparavant (ou décongelé le jour même), et les spermatozoïdes sont séparés du liquide séminal et conservés à 37°C.

Oocyte

3. Fertilisation

Quelques heures après leur récolte, les spermatozoïdes et les ovocytes sont mis en contact dans un liquide de culture pendant plusieurs heures à la température du corps. Les spermatozoïdes mobiles viennent spontanément, sans aide extérieure, au contact de l’ovocyte. Mais un seul spermatozoïde fécondera celui-ci. En général, 50% des ovocytes sont fécondés. Les ovocytes fécondés (ou zygotes) commencent à se multiplier. En 24 heures, les zygotes deviennent des embryons de 2 à 4 cellules.

embryon

4. Transfert embryonnaire

De 2 à 5 jours après la fertilisation, un ou deux embryons sont transférés dans l’utérus de la femme. Le transfert embryonnaire est un geste simple et indolore réalisé au moyen d’un cathéter fin et souple introduit par voie vaginale dans l’utérus. L’embryon est déposé à l’intérieur de l’utérus et s’y développe jusqu’à son implantation. Après cette étape cruciale, la femme peut habituellement reprendre ses activités normales. Certains effets secondaires sont parfois ressentis, tels que l’engorgement et la sensibilité aux seins, un gonflement abdominal, de la constipation ou des crampes. Un ou plusieurs embryons (appelés surnuméraires) peuvent être aussi conservés grâce à la congélation pour des essais ultérieurs. Un cycle de fécondation in vitro dure environ deux semaines. La plupart du temps, plusieurs cycles de traitements sont nécessaires avant que la grossesse ne réussisse.

mot du Docteur FTOUH Maher

Il est difficile pour un couple ayant des difficultés à concevoir  de vivre avec l’idée d’être « stérile ». Concilier sexualité et fécondité est très difficile. Les rapports sexuels deviennent un « moyen » et uniquement un « moyen » utilisé « volontairement » pour avoir un enfant. Ceci aboutit à une perte du plaisir et même du désir.

Il faudra garder espoir car grâce aux différentes techniques de PMA, nous pouvons aider une partie de ces couples.

Notre but entant que gynécologue n’est pas uniquement d’obtenir une grossesse mais d’aider ces femmes à mener à terme leurs grossesses afin de partager avec eux les joies de la naissance et d’admirer au miracle de la vie.

foetus

Tout savoir sur l’insémination intra-utérine (IIU – IAC en Tunisie)

Publié le 17 mars, 2014 par Dr. Maher Ftouh


 

Quel Est IIU?

IIU est un traitement de fertilité qui utilise un cathéter pour placer un certain nombre de sperme lavé directement dans l’utérus. Le but de l’IIU est d’augmenter le nombre de spermatozoïdes qui atteignent les trompes de Fallope et ensuite augmenter les chances de fécondation.

Quand IIU Utilisé?

IIU est un traitement de fertilité souvent choisis par les couples qui ont essayé de concevoir pendant au moins un an, sans succès. IUI peut être choisi en tant que traitement de la fécondité avec l’une des conditions suivantes:

  • Infertilité inexpliquée
  • Faible numération des spermatozoïdes
  • La mobilité des spermatozoïdes a diminué
  • Exigence d’un donneur de sperme
  • Une condition col de l’utérus hostile, comme la glaire cervicale qui est trop épaisse
  • Tissu cicatriciel du col de procédures ou d’endométriose dernières
  • dysfonction éjaculation

IIU fournit le sperme d’un avantage en lui donnant une longueur d’avance, mais nécessite encore un spermatozoïde pour atteindre et féconder l’ovule de sa propre.

insemination

Comment Fonctionne IIU?

voici une vidéo qui illustre les différentes étapes cliquez sur ce lien :technique d’insémination intra-utérine

La procédure IIU est simple et peut être effectuée même si la femme ne reçoit pas de médicaments pour améliorer sa production d’œufs. De nombreux médecins encourager les femmes à prendre des médicaments pour stimuler les ovaires pour augmenter la production d’œufs afin d’améliorer les chances d’obtenir une grossesse.

Une échographie sera utilisée pour contrôler la taille des follicules (follicules se développent dans des œufs).L’hormone, la gonadotrophine chorionique humaine (hCG), est administré pour stimuler la libération d’ovules par les follicules.

Un échantillon de sperme sera lavé par le laboratoire pour séparer le sperme du liquide séminal. Un cathéter est utilisée pour injecter le sperme traité directement dans l’utérus. Ce procédé maximise le nombre de spermatozoïdes qui sont placés dans l’utérus, ce qui augmente la possibilité d’une conception. La procédure IIU prend peu de temps et implique un minimum d’inconfort. 

Quel est le succès IIU?

Les femmes de moins de 35 ans ont généralement des taux plus élevés de succès que les femmes de plus de 35 ans, mais le taux de réussite moyen pour IIU varie de 10-20% en un seul cycle. Avec IIU, comme avec d’autres méthodes d’insémination artificielle, le taux de réussite dépend principalement de la santé de la sperme et la femme.

Rééducation périnéale post partum

Publié le 1 février, 2013 par Dr. Maher Ftouh

Le périnée est le muscle qui entoure et soutient les organes génitaux externes de la femme, allant de la vulve jusqu’à l’anus. Lors de l’accouchement, il s’ouvre très largement pour laisser passer le bébé, ce qui le distend. Selon les femmes et les facteurs de risque liés à l’accouchement, ce muscle va plus ou moins bien récupérer sa fonction. S’il ne retrouve pas correctement sa tonicité, il y a de gros risques de voir apparaître des fuites urinaires à l’effort (lors de la pratique d’un sport, à l’éternuement, lorsqu’on tousse, lors des rapports sexuels…). En prévention, les gynécologues prescrivent désormais quasi-systématiquement une dizaine de séances de rééducation périnéale, à effectuer deux mois après la naissance.

Cette rééducation se pratique depuis une vingtaine d’années. Avec le recul, on constate qu’elle est efficace chez 40 % des femmes, mais inutile chez 30 % d’entre elles et insuffisante chez 20 % d’autres. Pourquoi ?

Les facteurs de risque à l’accouchement

Tout dépend de l’état du périnée après l’accouchement, plus ou moins mis à mal par la présence ou non de facteurs « de risque », qui l’abîment beaucoup :

  • Un bébé de plus de 3,7 kg ;
  • Un périmètre crânien supérieur à 35,5 cm ;
  • Une expression abdominale ;
  • L’emploi de forceps ;
  • L’incontinence pendant la grossesse ;
  • Un troisième accouchement.

Trois groupes de femmes

En fonction de ces facteurs de risques, il est désormais possible de classer les femmes en trois groupes :

  • 1er groupe : celles qui ont accouché naturellement et qui n’ont eu aucun de ces facteurs de risque, ou celles ayant eu une césarienne programmée. A la visite post-natale, le gynécologue ou la sage-femme vérifie le périnée et ne constate aucune anomalie. La femme ne se plaint d’aucune fuite urinaire. Pour celles-ci, soit près de 30 % des accouchées, la rééducation est inutile, il suffit de re-tonifier le muscle en faisant régulièrement chez soi les exercices de contraction recommandés ;
  • 2e groupe : les femmes présentant un ou deux facteurs de risques ainsi que quelques signes cliniques de fuites à l’effort, soit près de 40 % des femmes. A la visite post-natale, on constate que les muscles du périnée et /ou du vagin n’ont pas repris leur fonction normale. Cette légère distension peut entraîner une incontinence ou des bruits d’air vaginaux (lors de la gym ou des rapports sexuels). Là, la rééducation est vivement conseillée et efficace, à raison de 15 à 20 séances, deux mois après l’accouchement ;
  • 3e groupe : les femmes (10 à 20 %) ayant cumulé plusieurs facteurs de risque, par exemple un gros bébé avec utilisation de forceps et expression abdominale (lorsque l’on a appuyé sur votre ventre) lors d’un troisième accouchement. Là, le périnée a été fortement endommagé, ce qui provoque soit des bruits d’air vaginaux importants, soit une sensation de pesanteur abdominale associée à un prolapsus (descente d’organes), soit une forte incontinence urinaire. Ces troubles se rééduquent de façon plus spécifique, après une série d’examens particuliers (bilan périnéal, examen radiologique, exploration uro-dynamique et échographie). Il est recommandé de s’adresser à un kinésithérapeute ou une sage-femme spécialisés en pathologie périnéale (ayant donc suivi des formations complémentaires à la prise en charge de cette affection). La rééducation dépasse alors largement les 10 séances classiquement prescrites. On peut aller jusqu’à 30 à 40 séances, étalées sur un an, remboursées par la Sécurité sociale. Et si ces dernières s’avèrent insuffisantes, un traitement chirurgical pourra être proposé.

Sophie Pensa

Insuffisances ovariennes : comment les dépister ?

Publié le 11 janvier, 2013 par Dr. Maher Ftouh

Publié le 14 Déc 2012

F. LEPERLIER, T. FRÉOUR, P. BARRÈRE, Service de médecine et biologie de la reproduction, CHU Nantes

L’insuffisance ovarienne prématurée est habituellement définie comme une défaillance ovarienne périphérique survenant avant l’âge de 40 ans et caractérisée par une aménorrhée primaire ou secondaire de plus de 4 mois associée à un taux de gonadotrophines élevé et à une hypo-estrogénie. En pratique quotidienne de gynécologie et d’assistance médicale à la procréation, le terme d’insuffisance ovarienne a été étendu aux patientes répondant mal à la stimulation, quelle que soit la réalité de leur réserve ovarienne et quel que soit leur âge.
Ces patientes sont de plus en plus nombreuses dans nos consultations, puisque l’âge de l’exposition à la grossesse et le recours à l’AMP augmentent en Europe, dans un contexte démographique et social de progression de l’infertilité liée à l’âge. Nous allons tenter ici, après un bref rappel des données physiopathologiques et épidémiologiques actuelles, de faire le point sur les possibilités de dépistage de cette diminution de la réserve ovarienne et sur la prise en charge que nous pouvons éventuellement proposer à ces patientes pour améliorer leur fertilité.

Physiopathologie

Il existe naturellement avec l’âge un vieillissement ovarien lié à une baisse de la réserve folliculaire ovarienne associée à une dysovulation qui entraîne une diminution physiologique de la fertilité. Ce vieillissement, qui altère à la fois la folliculogenèse et la stéroïdogenèse, est un phénomène inéluctable et très précoce qui débute dès le 5e mois de la vie intra-utérine(1). Nous savons ainsi que sur le pool initial de 6 à 7 millions de follicules primordiaux, seuls 300 000 à 600 000 subsistent lors des ménarches et qu’il en reste moins de 1 000 au moment de la ménopause(2,3). Le concept de réserve ovarienne reflète la quantité, et probablement la qualité, des follicules primordiaux et primaires présents dans les ovaires à un instant donné ; sa diminution peut être liée à un pool initial réduit, à une accélération de l’apoptose ou à un blocage de la maturation folliculaire. L’apoptose accélérée des ovocytes pourrait être liée à l’augmentation des accidents méiotiques et à l’élimination des ovocytes qui en sont porteurs, ou à une augmentation du nombre de follicules entrant en croissance à chaque cycle et atrésiés lors du phénomène de dominance du follicule ovulatoire. On retrouve, en biologie de l’AMP, ces altérations ovocytaires liées à l’âge et touchant aussi bien le noyau que les mitochondries ou le cytosquelette(4,5). Sur le plan moléculaire, des recherches récentes ont mis en évidence chez l’animal une diminution, dans des ovocytes « âgés », de l’activité régulatrice du TGF-? et de l’IGF-1 qui sont indispensables au maintien de la qualité ovocytaire(6). Malgré toutes ces hypothèses, la physiopathologie de l’insuffisance ovarienne reste mal expliquée à l’heure actuelle.

Épidémiologie

Du point de vue épidémiologique, la prévalence de l’IOP serait de l’ordre de 1 à 3 % des femmes(7)avec une prévalence de 1/10 000 chez les femmes âgées de 20 ans, 1/1 000 chez les femmes de 30 ans et de plus de 1 % chez celles âgées de 40 ans(8). Il existe néanmoins une grande variabilité individuelle de l’âge de la diminution de la fertilité, sa distribution pouvant être corrélée à celle de la ménopause dont l’âge moyen en Europe est de 51 ans, mais qui peut varier entre 35 et 60 ans(9).

Figure 1. Les temps successifs de la vie génitale.

Pour Lambalk et coll., la diminution quantitative et qualitative du pool d’ovocytes est un phénomène débutant à l’âge de 31 ans, puis continu dans le temps, et exprimé cliniquement en plusieurs étapes évoluant d’une diminution de la fertilité jusqu’à la ménopause clinique(10) (figure 1).

Des études de population mettent également en évidence ce continuum puisque l’insuffisance ovarienne précoce est précédée d’une diminution de la fécondité naturelle avant même l’âge de 30 ans(10) et qu’une réponse médiocre répétée à la stimulation en vue de FIV est associée à l’apparition précoce de la phase clinique de préménopause(11,12). Des « cut-off » d’âge ont été étudiés, qu’il s’agisse de la fertilité spontanée, pour laquelle l’âge de 31 ans a été avancé puisque la fécondité naturelle diminue de façon drastique ensuite(13,14) ou de la fertilité après prise en charge en AMP, puisqu’on sait, dans ce contexte, que la probabilité d’avoir un enfant vivant décroît de façon importante après 35 ans(15,16).

Dans deux études récentes produisant des normogrammes, selon l’âge des femmes, du compte de follicules antraux (CFA) échographique et du taux sanguin d’hormone antimüllérienne (AMH), Almog et coll. font le constat d’une grande hétérogénéité de ces deux marqueurs au sein de la population féminine, avec une répartition inhomogène du vieillissement ovarien selon l’âge (figures 2 et 3)(17,18). Par ailleurs, et même si plusieurs outils diagnostiques de la réserve ovarienne sont en notre possession, il n’y a, pour l’instant, pas de consensus sur les valeurs seuils de ces marqueurs définissant une patiente insuffisante ovarienne ; des études doivent pourtant être réalisées dans ce sens puisque la définition de tels seuils permettrait d’informer tôt les patientes à risque d’insuffisance ovarienne et éventuellement d’avancer leur exposition à la grossesse, voire leur prise en charge en AMP.

Figure 2. Normogramme selon l’âge et le CFA. D’après Almog et coll., Fertil Steril, vol. 95, n°2, feb. 2011.

Il faut noter également qu’à réserve ovarienne égale sur le plan quantitatif, la qualité ovocytaire est peut-être davantage préservée chez les femmes plus jeunes, bien qu’il existe peu de données à ce sujet dans la littérature. Haadsma, cependant, relève un taux d’avortements spontanés précoces équivalent après FIV chez les patientes âgées de < 36 ans, qu’elles soient définies comme de « bonnes » ou de « mauvaises » répondeuses à la stimulation, alors que ce taux est augmenté chez les mauvaises répondeuses âgées de > 36 ans par rapport à leurs homologues bonnes répondeuses(19).

Précisons enfin le caractère familial de l’âge de la ménopause et l’existence de cas familiaux chez 10 à 15 % des patientes atteintes d’IOP, ce qui devra faire évoquer une anomalie des chromosomes sexuels ou une prémutation du gène FMR1, d’autres gènes candidats étant actuellement en cours d’étude(20).

Diagnostic d’une insuffisance ovarienne

D’après les recommandations récentes du Collège national de gynécologie et obstétrique français, un bilan de réserve ovarienne doit être réalisé dans le cadre d’une consultation pour hypofertilité si la femme est âgée de plus de 35 ans ou si elle présente des cycles courts ou irréguliers ou des antécédents d’agression ovarienne chirurgicale ou thérapeutique.

Il doit être réalisé également si on retrouve, à l’interrogatoire, des antécédents familiaux évocateurs, et systématiquement avant toute prise en charge en AMP, ce qui nous permettra, dans ce contexte, d’orienter le type de prise en charge et d’adapter le cas échéant les doses des traitements. Voici les outils disponibles pour évaluer la réserve ovarienne.

Figure 3. Normogramme selon l’âge et le CFA.
D’après Almog et coll., Fertil Steril, vol 95, n° 2, feb. 2011.

Marqueurs directs

Le compte histologique réel des follicules sur une biopsie ovarienne serait théoriquement un marqueur direct de la réserve ovarienne et plusieurs études ont mis en évidence une diminution, avec l’âge, de la densité de follicules sur une biopsie de cortex ovarien(21,22) ; cependant, certains auteurs ont montré que le nombre de follicules varie selon la zone de cortex biopsiée et que cet examen, outre son caractère très invasif, ne peut donc pas être utilisé comme reflet fiable de la réserve ovarienne(23,24).

Marqueurs indirects

Des marqueurs indirects de la réserve ovarienne doivent donc être utilisés.

• Signes cliniques de la diminution du pool ovocytaire

Nous passerons sur l’aménorrhée primaire, éventuellement associée à un impubérisme et à un retard de croissance des IOP constitutionnelles, les signes évocateurs chez nos patientes hypofertiles étant bien entendu plus discrets.

Il peut s’agir notamment de cycles irréguliers ou raccourcis, de signes cliniques d’hypo-estrogénie à type de manifestations vasomotrices, de sécheresse vaginale pouvant entraîner des dyspareunies et de manifestations urinaires (infections urinaires récidivantes, dysurie, mictions impérieuses). L’interrogatoire doit être particulièrement méticuleux en ce qui concerne la durée et la régularité des cycles menstruels ; en effet, la longueur des cycles diminue avec l’âge et la diminution du stock de follicules ovariens(14), cette diminution affectant principalement la phase folliculaire sans modifier la phase lutéale : ainsi, des auteurs retrouvent une phase folliculaire de 10 ± 2 jours à 40 ans contre 16 ± 4 jours avant 30 ans(25,26).

Un raccourcissement prématuré des cycles, même s’il est peu important (< 26 j) et s’il ne touche que quelques cycles, doit être pris en compte puisqu’il constitue un signe d’alerte d’une IOP(5). Enfin, l’âge chronologique luimême est un marqueur d’insuffisance ovarienne bien corrélé aux marqueurs histologiques, biologiques et échographiques, mais il ne permet pas de dépister à temps la diminution de la réserve, et il convient donc, comme le rappellent les recommandations du CNGOF, de réaliser un bilan de réserve ovarienne systématique chez une femme âgée de plus de 35 ans consultant pour un désir de grossesse, même en l’absence de signes cliniques évocateurs.

• FSH et estradiol

On sait depuis 1976 que le taux de FSH augmente en début de cycle quand la réserve ovarienne diminue(27), en raison de la diminution du feedback négatif de l’estradiol et de l’inhibine B, qui sont moins produits par le pool diminué de follicules(28).

Ce dosage doit, pour être interprétable, être réalisé à J2 ou J3 du cycle et être interprété en fonction de l’estradiolémie du même jour, puisqu’une hyperestradiolémie de début de cycle, qui marque elle aussi un début d’insuffisance ovarienne, peut masquer, dans un premier temps, l’augmentation du taux de FSH. Cette augmentation du taux de FSH est spécifique de la diminution de la réserve ovarienne, mais elle n’en constitue pas un marqueur idéal puisqu’elle présente une variabilité dans la technique de dosage et une grande variabilité technique intra- et intercycle et puisqu’elle est un marqueur trop tardif, intervenant seulement 10 ans avant la ménopause, ce qui correspond au moment où débute déjà l’infertilité(29).

Enfin, il n’existe pas de consensus réel quant au seuil péjoratif de FSH, les auteurs s’accordant tout de même à définir comme seuil d’alerte un taux de FSH > 10 UI/l avant 35 ans(30) et un taux d’estradiol > 50 pg/ml (200 pmol/l).

• AMH

Figure 4. Homogénéité du taux d’AMH au cours du cycle.
D’après Ttsepelidis et coll., HR, 2007.

Elle est produite par les cellules de la granulosa des follicules primaires et des petits follicules antraux, dont le nombre est corrélé à la taille du pool de follicules primordiaux, ce qui en fait un bon marqueur de cette réserve. L’AMH présente une bonne stabilité de résultat en intra- et intercycle(31), son dosage peut être effectué à tout moment du cycle(32,33) (figure 4). Il existe toutefois une hétérogénéité technique selon la méthode de dosage utilisée.

Plusieurs études ont montré une bonne corrélation entre le dosage de l’AMH et l’âge de la femme(29); ce dosage est aussi très bien corrélé au compte des follicules antraux(34), au nombre de follicules obtenus en FIV(35), à l’inhibine B et à la FSH(36). La diminution du taux d’AMH sanguin intervient plus précocement que l’augmentation de l’estradiolémie, puis de la FSH en début de cycle, et est un marqueur prédictif d’insuffisance ovarienne plus précoce et plus rentable sur le plan pratique(37,38).

De plus, des valeurs de références de cette hormone sont en cours de publication, ces seuils ayant été établis pour un âge donné et dans une population de femmes infertiles(39) (figure 5) :

• < 30 ans : > 3 ng/ml,
• de 30 à 35 ans : > 2 ng/ml,
• de 35 à 40 ans : > 1 ng/ml.

Rappelons enfin que, si l’AMH semble être un très bon marqueur prédictif de la réserve ovarienne, de la réponse ovarienne en AMP et du nombre de follicules recueillis en FIV, aucune étude n’a trouvé à ce jour un lien statistique entre taux d’AMH et chance d’obtention d’une grossesse, que ce soit spontanément ou après AMP(40).

Figure 5. Valeurs de référence de l’AMH selon l’âge.
D’après Seifer et coll. Fertil Steril 2011.

• Autres marqueurs biologiques

D’autres marqueurs biologiques de la réserve ovarienne ont été proposés, comme l’inhibine B, produite par les follicules antraux, et dont le taux varie en fonction de la phase du cycle menstruel. Des études avaient montré une diminution du taux d’inhibine B sanguin à J3, plus précoce que l’augmentation du taux de FSH(41), mais d’autres ont mis en évidence que la corrélation inverse entre âge et taux d’inhibine B n’était significative que peu de temps avant la phase périménopausique(29), ce qui ne permettait pas d’utiliser ce dosage comme un bon marqueur prédictif d’insuffisance ovarienne.

L’inhibine A, secrétée par le follicule mature et le corps jaune, voit ses taux diminuer chez les femmes plus âgées(42), mais beaucoup trop tardivement pour que son dosage puisse être utilisé en pratique clinique. Des variations des taux sanguins de progestérone(43) et de LH(44) existent également chez les femmes plus âgées mais, même si leur étude nous permet de mieux comprendre la physiologie de la phase de la périménopause, aucun de ces dosages n’est utilisable en pratique.

• Tests biologiques dynamiques

Les tests au citrate de clomiphène, à la FSH ou au GnRH sont possibles mais ils sont chers, invasifs, peu standardisés et pas plus informatifs que les dosages statiques ; nous n’en recommandons pas l’utilisation.

• Échographie ovarienne

Elle fait également partie de l’arsenal disponible pour évaluer la réserve ovarienne et peut permettre de réaliser un compte des follicules antraux, de mesurer le volume ovarien et d’évaluer la vascularisation périovarienne.

– Le compte des follicules antraux (CFA), contrairement aux autres critères échographiques cités, a une réelle correspondance avec le nombre de follicules retrouvés sur les analyses histologiques(45). Des recommandations récentes ont été publiées pour standardiser la réalisation de cet examen échographique et ainsi tenter de limiter la variabilité interopérateur, qui en est un des principaux écueils(46) ; les auteurs recommandent la réalisation d’une échographie endovaginale en mode 2D réalisée en début de cycle et comptant les follicules de 2 à 10 mm inclus (encadré).

Le CFA est prédictif de la réponse à la stimulation et du nombre d’ovocytes que l’on peut prétendre obtenir en FIV(47) ; un CFA bas est associé à un risque de mauvaise réponse à la stimulation(48), avec la même valeur prédictive négative que l’AMH(49) ; il permet de faire le diagnostic d’insuffisance ovarienne de façon plus précoce que les dosages de FSH et E2 en début de cycle(50). En revanche, le CFA, pas plus que les dosages biologiques, ne reflète la qualité ovocytaire ou embryonnaire(51), ni les chances de grossesse(47). Par ailleurs, il n’existe pas non plus pour ce critère de valeur seuil admise par tous, la valeur inférieure variant de 4 à 8 follicules par ovaire selon les équipes. L’équipe canadienne, déjà citée, vient toutefois de publier un normogramme des valeurs du CFA selon l’âge de la femme(18) qui met en évidence une décroissance du CFA avec l’âge, cette décroissance étant plus rapide à partir de 35 ans pour les patientes ayant un CFA plus élevé au départ.

– La mesure du volume ovarien est facilement réalisée lors de l’échographie de début de cycle. Une étude a mis en évidence une diminution de ce volume avec l’âge, mais seulement après l’âge de 35 ans(52) et une revue récente démontre que le volume ovarien prédit mal une mauvaise réponse à la stimulation(53). En outre, plusieurs études ont montré que le CFA et le dosage de l’AMH étaient de meilleurs facteurs prédictifs de la réponse ovarienne en FIV que la mesure du volume ovarien(54).

– Plusieurs paramètres de la vascularisation ovarienne ont été proposés comme marqueurs de la réserve folliculaire :mesure du pic systolique, index de pulsatilité et index de résistance des flux Doppler(10), sans qu’aucun n’ait prouvé son efficacité en termes de prédiction de l’âge de la ménopause ou de réponse à la stimulation en FIV.

Conclusion

Le dépistage d’une IOP doit être réalisée en cas de signes cliniques ou d’interrogatoire évocateurs, ou après 35 ans en cas de désir de grossesse et systématiquement avant toute prise en charge en AMP.

Les meilleurs outils pour le réaliser sont le dosage de l’AMH et le CFA qui sont associés de manière équivalente à l’âge de survenue de la ménopause et à la réponse possible à la stimulation ovarienne ; toutefois, aucun de ces marqueurs ne permet encore de prédire les chances de grossesse, qu’elles soient spontanées ou après AMP. Les résultats de ces examens doivent nous permettre d’orienter au mieux les couples dans leur demande d’aide à la procréation.

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